Ce jeudi 19 novembre s’est tenu (en visioconférence) un CHSCT-D Exceptionnel à la demande des représentant-e-s des personnels FSU et UNSA. Il nous semblait en effet urgent d’aborder la situation sanitaire et la mise en place du nouveau protocole du 2 novembre d’une part, ainsi qu’envisager dès maintenant les éventuelles prochaines étapes (fermeture puis déconfinement) d’autre part…Nombreuses sont en effet encore les questions qui se posent aux équipes des écoles comme des établissements, inacceptables (et donc à éviter à tout prix!) la manière dont est gérée la crise sanitaire dans l’Education Nationale depuis mars 2020…

Nous avons également profité de ce CHSCT-D pour évoquer deux autres points à savoir la situation sécuritaire post-attentat contre notre collègue Samuel Paty ainsi que le droit d’alerte exercé au lycée Branly de Dreux.

Vous trouverez ci-dessous à la suite de la déclaration FSU l’ensemble de nos interventions sur ces questions ainsi que les réponses (ou pas) de l’administration (Ici Mme l’lnspectrice d’Académie (IA), Mme la Secrétaire Générale (SG), Monsieur l’IEN-Adjoint (IEN-A)) …Attention certaines de leurs réponses sont hautement méprisantes à l’égard des personnels, à consommer avec modération !

DEF-decla chsct 19 novembre

 

Sur la situation sanitaire générale, Mme l’IA ne voit pas de détérioration car les chiffres sont stables et concernent tout le département. L’administration se félicite d’avoir identifié les facteurs entraînant des fermetures de classe ou d’établissement (l’EPS puis la restauration des agents) et donc d’avoir renforcé les protocoles dans ces secteurs pour éviter lesdites fermetures. De notre côté, nous, représentant-e-s FSU, avons fait remarquer et alerté :

  • sur l’impression que le nord du département est plus touché ce qui doit être vérifié à partir de la carte de l’ARS prochainement transmise à l’IA. Ceci devrait conduire, si besoin, à une attention particulière dans ce secteur ;
  •  sur la stratégie actuelle qui minimise l’impact de la covid-19 sur les moins de 11 ans en nous basant sur les chiffres de Santé Publique France : nationalement, il y a par exemple plus d’hospitalisés chez les 0-9 ans que chez les 10-19,
    sur la saturation de la cellule médicale, qui n’a pas pu mettre en œuvre efficacement la stratégie de « tester, tracer, isoler »…et donc sur la nécessité de la renforcer,
  • sur les problèmes de distribution des masques…Des solutions doivent être trouvées pour accélérer le processus et soulager les services de la DSDEN.

Les principaux échanges ont porté :

  • sur l’absence de plan de continuité pédagogique dans le second degré, l’IA nous a affirmé que « ces plans ont été préparés dans tous les établissements »…ce qui est faux ! Les représentant-e-s FSU ont insisté en demandant que les établissements se préparent activement à une éventuelle (mais évidemment pas désirée) fermeture ainsi qu’au déconfinement qui ne pourra pas se contenter d’être le renouvellement des erreurs ou des problèmes des phases précédentes, en particulieur leur gestion dans l’urgence, dans la précipitation. Mme l’IA nous a refusé ce terme de précipitation..même lorsque la mise en place du nouveau protocole se fait durant les congés et le week-end ! Elle nous a également répondu que, pour elle, en septembre l’objectif était d’accueillir tous les élèves, pas de préparer une (éventuelle) réduction de la capacité d’accueil des établissements…ce que nous n’avons cessé de lui demander depuis le 1er septembre !
  •  Les représentant-e-s FSU sont également revenus sur la procédure et le temps d’isolement des élèves cas contact (généralement au contact de l’un de leurs parents). Le flou demeure : M. l’IEN A nous a recommandé de « demander aux parents de demander à leur médecin le jour de leur guérison ».
  • sur la Pratique sportive de la natation dans le premier degré : Un certain nombre de collègue qui accompagne leurs élèves à la piscine sur temps scolaire sont inquiets de la poursuite de cette activité qui nécessite de retirer le masque en présence d’adulte et d’enfants alors que l’ensemble du protocole académique souligne l’importance de ne surtout pas le quitter et de ne pas se retrouver en présence d’adulte. Mme la SG nous a répondu que nos collègues « peuvent alors mettre un tuba ». Vous jugerez vous-même de ce mépris et de cet irrespect envers nos collègues pour qui cette question n’est pas une plaisanterie, mais bien une source d’angoisse et de danger sur leur lieu de travail.
  • Sur la mise en place du nouveau protocole dans le second degré. Dans 31 collèges des 38 que compte le département l’enseignement se fait en mode  1 salle, 1 classe et 2 collèges fonctionnent en mode « hybride » c’est-à-dire avec une réduction de leur capacité d’accueil (½ groupe ou alternance de niveaux). La FSU a demandé que les demandes des équipes des collèges de Gallardon, Nogent le roi et Bonneval pour un passage également à demi-groupe soient entendus. Mme l’IA nous a répondu ne pas avoir de retour du rectorat à ce sujet pour l’instant, mais qu’à Bonneval, suite au passage de l’IPR-Vie Scolaire une solution aurait été trouvée pour la restauration. La FSU insiste pour que les collègues aient une réponse à leurs demandes.
  • En CHSCTA le 17/11, des recrutements de contractuels et d’AED ont été annoncés pour faire face à la crise sanitaire (manque de remplacement). Mme la SG nous a répondu « ne pas être intéressé par le recrutement de contractuels » malgré les fortes tensions sur le remplacement dans le premier degré. Les représentant-e-s FSU ont demandé que soit procédé à des recrutements sur les listes complémentaires et, pour les AED, que la répartition des moyens se fasse dans la transparence donc avec les représentant-e-s des personnels.
  • Sur les réunions, après un échange au cours duquel a été rappelé la nécessité de se protéger comme les difficultés posées par les réunions en distanciel, les représentant-e-s FSU ont demandé que soit laissé de la souplesse aux équipes dans le choix du mode (distanciel ou présentiel) suivant l’horaire, le type de réunion, le nombre de participant-e-s, etc…

Depuis la rentrée du 2 novembre, quelques chiffres :

  • 24 collègues, 5 personnels de vie scolaire, 1 AESH, 7 personnels ATSEM ou agents territoriaux et 211 élèves ont été testés positifs
  •  les collèges Marcel Pagnol et Louis Armand ont été fermés entre le 6 et le 12 novembre.
  •  le lycée Branly a été fermé 2 jours
  •  pas d’école, ni de classes fermées
  •  3 lycées professionnels, les lycées publics et 2 collèges fonctionnent en “hybride” (=réduction de la capacité d’accueil soit en alternant les demi-groupe d’une même classe, soit en alternant les niveaux accueillis),
  •  31 des 38 collèges fonctionnent en mode 1 salle par classe

Dans le 1er degré, il y a 5 collègues qui sont en ASA et 50 en Congé Maladie (CM). Les collègues actuellement en CM qui ont vu leur vulnérabilité apparaitre dans la liste fournie par l’Education nationale peuvent demander un reclassement en ASA auprès de la DPE avec copie aux délégués du personnel via l’adresse mil de leur syndicat national. Nous n’avons à ce jour pas de chiffre pour le 2nd degré.

En fin de réunion, la mise en place de tests antigéniques à destination des personnels a été évoquée. Si l’idée est intéressante afin d’accélérer l’accès aux tests, les représentant-e-s FSU mettent en garde sur la nécessité de communiquer largement auprès de toute la communauté éducative et d’avoir un protocole précis comme sécurisé. Mme la SG nous a répondu que « cela ne concerne pas les parents d’élèves ». Inquiets de cette réponse ne semblant pas prendre la mesure de ce que représentait l’entrée dans les collèges de personnels symptomatiques se rendant à ces tests, la FSU a insisté.

Suite au droit d’alerte exercé par un personnel au lycée Branly le 5 novembre, Mme l’ISST reconnaît que, comme la question de la réalité ou pas de la gravité et de l’imminence de ce danger n’a pas été interrogée avant de remplir le registre et lors de la réunion de la CHS de l’établissement, il convient de reconnaître que le risque signalé était bien un danger grave et imminent. La FSU insiste sur la nécessité désormais de prévenir le plus rapidement possible, dans ces situations, la secrétaire du CHSCT-D afin de nous permettre d’accompagner les personnels dans cette procédure complexe.

Enfin, nouvelle divergence sur la situation sécuritaire post-attentat. Mme l’IA se félicite du peu d’incidents lors de l’hommage à Samuel Paty le 2 novembre, comparé à 2015, en mettant ces progrès sur le travail effectué depuis autour de la question de la laïcité. Au contraire, les représentant-e-s FSU soulignent combien les personnels ont été démunis le 2 novembre au matin pour faire cet hommage comme pour répondre aux questions des élèves. Ceci rendait et rend d’autant plus nécessaire un temps de concertation mais aussi de formation. Mme l’IA a indiqué qu’un travail était engagé avec la cité éducative de Dreux pour la semaine de la laïcité (autour du 9 décembre), travail qu’elle souhaite voir étendu à tout le département.

fin des débats à 17h20 après 3h de réunion..

Vos représentant-e-s FSU : Arnaud Cochard-Prier, Tania Fourmy, Noémie Habault, Anaïs Jégouzo, Pierre Licout, Franck Poitou