Suite à votre communiqué de presse publié le 1 juillet 2026 à propos de l’annulation de la nomination d’un personnel de direction en Eure-et-Loir, nous tenons à apporter quelques précisions pour rétablir l’exactitude des faits et partager avec vous quelques éléments de réflexion.
- Tout d’abord, sur les termes employés, il n’y a eu à nos yeux nul « déchaînement » ni « rapport de force sauvage » ou de « chasse en meute », encore moins de « lynchage médiatique ». Nous nous étonnons de certains choix de métaphores et nous indignons de voir les collègues ainsi animalisé.e.s par l’une des organisations syndicales représentatives des chef.fe.s d’établissements.
- De plus, à aucun moment, les personnels mobilisé.e.s n’ont rendu public le nom du chef d’établissement incriminé. Celui-ci a été rendu public par l’intéressé lui-même, lors de sa propre réponse dans un article de L’Echo Républicain (en date du 17 juin 2026).
- Il n’y a pas eu non plus de « blocage des examens » mais une simple rétention des copies qui ont été maintenues dans un espace sécurisé à tout moment, avec un sérieux que le rectorat lui-même a reconnu. Les personnels mobilisé.e.s ont toujours veillé à ce que les examens se passent dans des conditions sereines pour leurs élèves.
- Cette rétention des copies n’a pas été décidée à la légère mais a été jugée indispensable pour faire prendre conscience à l’institution de la souffrance et des inquiétudes légitimes des personnels.
Celleux-ci savaient que les remontées et les enquêtes administratives précédentes concernant le comportement de ce personnel n’avaient pas abouti, non pas parce qu’elles n’étaient pas fondées, mais parce que l’institution n’avait pas su ou pas voulu prendre les mesures nécessaires.
- Si une mobilisation de cette ampleur a eu lieu avant même la prise de fonction, c’est qu’elle se nourrit non pas de « rumeurs » mais de témoignages précis et circonstanciés de personnels directement confronté.e.s aux dysfonctionnements évoqués, venant de tous les établissements où ce personnel fut précédemment affecté en tant que personnel de direction.
- Parler de « rumeurs », de « présomptions » et d’« allégations », c’est faire bien peu de cas des victimes du management brutal de ce personnel, de leur parole et de leurs témoignages. Pire, ce déni est une nouvelle violence pour ces personnes.
- Il ne s’agit pas, en effet, d’acheter une quelconque « paix sociale ». Avec l’annulation de cette nomination, le ministère de l’éducation nationale s’inscrit simplement dans la prévention des violences au travail donc dans la lignée des engagements pris notamment dans ses orientations stratégiques nationales présentées en F3SCT pour l’année scolaire en cours (cf l’axe 2 : « prévenir les risques psychosociaux, qu’ils soient causés par l’organisation et les conditions de réalisation du travail, ou toute forme de violence au travail, notamment les actes de violence, de discrimination, de harcèlement et les agissements sexistes et sexuels »).
- Nous souscrivons pleinement au fait que « l’administration a le devoir impérieux de protéger ceux qui la servent, sous peine de voir l’autorité de l’État et l’attractivité de nos métiers un peu plus compromises ». Ce sont d’ailleurs bien des agent.e.s déjà victimes de ce personnel qui sont protégé.es par l’annulation de sa nomination dans l’établissement où ils et elles exercent.
- Le respect des droits des personnels, leur protection et la qualité de la vie au travail font d’ailleurs partie des obligations de tout employeur.
Ici, nous tenons à souligner que, les premières victimes de ces chefs d’établissement problématiques, sont les personnels de direction sous leur autorité, qui dépendent de l’évaluation de leur supérieur pour leur carrière, ainsi que les personnels des services administratifs et de gestion qui travaillent quotidiennement avec elles et eux.
Nous ne doutons pas que le SNPDEN-UNSA a à cœur de veiller à leur protection et à leur bien-être afin qu’ils et elles puissent assurer leur mission dans une dignité et une sérénité méritées.
Pour notre part, la FSU et la CGTEduc’Action seront au côté de toutes les victimes de management brutal, quelle que soit leur catégorie, et les accompagneront. La lutte contre les violences au travail et en particulier contre les violences sexuelles et sexistes a une place centrale dans notre engagement syndical .
Salutations Syndicales,
CGTéducation 28 FSU 28 SNUPDEN-FSU28
EURE-ET-LOIR
